Aug 25, 2026
Global

Bien-être et sécurité indissociables en milieu industrie

Dans certains secteurs, prendre soin des collaborateurs commence par une exigence fondamentale : leur permettre de travailler en toute sécurité. L’identification des risques, la prévention et la formation deviennent alors des composantes essentielles du bien-être au travail.

La compétence à travers la formation constitue la première ligne de défense d’un site industriel, estime Flora Huet, General Manager – Training Institute chez ECS Ltd (Electrical & Control Specialists Ltd), spécialisée dans les services électriques, l’instrumentation, l’automatisation et les systèmes de contrôle pour des environnements industriels. «Un opérateur formé ne se contente pas d’appliquer une procédure : il comprend le risque, l’anticipe et sait réagir avant qu’une situation ne dégénère. Ainsi, de l’habilitation électrique aux travaux en hauteur, la formation continue contribue à transformer les exigences de sécurité en réflexes intégrés», précise-t-elle.

Cette même logique se retrouve chez Livestock Feed Ltd (LFL), entreprise spécialisée dans la fabrication d’aliments pour animaux. La santé et la sécurité au travail reposent avant tout sur la capacité des équipes à identifier les risques et à adopter les bons réflexes. Présente à Maurice, aux Seychelles, à Madagascar, au Rwanda et au Kenya, l’entreprise s’appuie sur un socle commun de prévention, tout en l’adaptant aux réalités de chaque territoire. Pour Hannah Soobhan, Head of Human Resources de LFL Group, «la formation joue un rôle essentiel pour transformer nos exigences en réflexes quotidiens».

Règles d’or et certifications

Les Règles d’Or de LFL constituent ainsi une référence commune, déclinée à travers des formations et des actions de sensibilisation adaptées aux différents environnements de travail pour chaque pays. À Maurice, cette démarche est notamment renforcée par la certification ISO 45001, qui consolide les exigences en matière de compétences et de sensibilisation à la santé et à la sécurité. «Causeries sécurité, ateliers pratiques et actions de prévention permettent d’ancrer les bons réflexes au quotidien», explique Hannah Soobhan.

L’investissement se traduit également par des chiffres concrets : près de 1 000 heures de formation ont été dispensées à Maurice, à Madagascar et au Rwanda au cours de l’année 2025-2026, autour des principaux risques rencontrés sur le terrain. Mais pour LFL, l’enjeu ne se résume pas au volume d’heures dispensées. «Plus que le nombre d’heures, l’enjeu est de faire de la formation un véritable outil de prévention, en donnant à chacun les connaissances et les réflexes nécessaires pour travailler en sécurité.»

Dans un environnement industriel, cette culture de la prévention contribue directement au bien-être des équipes. Se sentir protégé, savoir comment réagir face au risque et disposer des compétences nécessaires pour travailler en sécurité participent pleinement à la sérénité et à la confiance au travail.

Prévention, pilier de la sécurité

Dans l’industrie, la prévention constitue le premier pilier d’une véritable culture de sécurité. Elle ne se résume pas à l’application de procédures : elle repose sur une vigilance constante, nourrie par la pratique, l’expérience et la responsabilisation de chacun.

Une culture de la vigilance ne s’impose pas, elle se construit dans le geste répété. «C’est pourquoi les formations privilégient l’utilisation d’équipements réels et les mises en situation concrètes. Manipuler, tester et expérimenter dans un environnement contrôlé permet d’ancrer des réflexes que la théorie seule ne saurait transmettre. L’expérience des formateurs de terrain joue également un rôle essentiel pour faire de la prévention une valeur professionnelle partagée, et non une règle imposée de l’extérieur», explique Flora Huet.

Chez Livestock Feed Ltd (LFL), cette démarche repose également sur la vigilance collective et la responsabilisation de chacun. Hannah Soobhan souligne que «toutes nos réunions débutent par un point consacré à la santé et à la sécurité au travail (SST), afin de maintenir ces enjeux au cœur de nos priorités». La SST est, par ailleurs, intégrée au système d’évaluation annuelle de la performance, avec des objectifs adaptés au niveau de responsabilité de chaque collaborateur.

Cette responsabilisation s’étend aux Country Managers, qui disposent de tableaux de bord SST pour suivre les principaux indicateurs et en rendre compte au Board. Sur le terrain, les dispositifs sont adaptés aux réalités locales : à Maurice, des fiches d’alerte et des inspections journalières permettent notamment de repérer les situations à risque et de mettre en œuvre des actions correctives avant qu’un incident ne survienne.

Health and Safety Week

La prévention prend une dimension plus large à travers la Health and Safety Week, durant laquelle des collaborateurs à Maurice et à Madagascar ont bénéficié de bilans de santé et de différents dépistages. Une approche qui témoigne de la volonté de LFL de faire de la santé et de la sécurité une responsabilité partagée à tous les niveaux de l’organisation.

La sécurité industrielle repose aussi sur la capacité des entreprises à tirer les enseignements de chaque situation à risque et à transformer l’expérience en progrès collectif. Les nouvelles technologies offrent aujourd’hui des outils particulièrement efficaces pour préparer les équipes à des situations qu’elles ne peuvent pas toujours reproduire sans danger.

Chez ECS Training Institute, la réalité virtuelle s’intègre ainsi au cœur des programmes de formation. Premier centre de formation à Maurice à avoir intégré la réalité virtuelle (VR) à ses programmes, l’institut permet aux apprenants de simuler un incendie, une panne critique ou encore une situation de crise, dans un environnement sans danger. Ils peuvent ainsi se confronter à des situations d’urgence, répéter les scénarios et développer leur capacité à réagir avec rapidité et précision. Pour Flora Huet, cette approche répond à une conviction : mieux préparer aujourd’hui pour mieux protéger demain.

L’apprentissage se fait également à l’échelle du groupe à Livestock Feed Ltd (LFL). Présente sur plusieurs marchés, l’entreprise considère les différences de terrain comme une opportunité de faire progresser collectivement ses standards de sécurité. «Les enseignements tirés d’une situation à risque, d’un near miss ou d’une bonne pratique peuvent bénéficier à l’ensemble de LFL Group», explique Hannah Soobhan.

Elle poursuit que cette logique de partage est notamment soutenue par le Group Health and Safety Committee d’Eclosia et les échanges au sein de LFL Group. Elle se traduit aussi concrètement par la mise en commun des expertises entre les différents territoires. À Maurice, par exemple, Girish Mohabeer, Occupational Safety and Health Officer, partage son expérience avec les équipes du Rwanda et des Seychelles. L’objectif est de transformer chaque expérience locale en apprentissage collectif, afin d’adapter les pratiques aux réalités de chaque marché tout en faisant progresser continuellement la prévention et la sécurité au sein du groupe.

La sécurité, condition de la sérénité

Dans l’industrie, la sécurité ne protège pas uniquement contre les accidents ; elle contribue également au bien-être psychologique des collaborateurs. Savoir que son environnement, ses équipements et ses procédures sont maîtrisés permet de travailler avec davantage de confiance et de sérénité.

Pour Flora Huet de chez ECS, «un environnement de travail rigoureusement sécurisé n’est pas seulement une exigence réglementaire, c’est une condition de sérénité». La formation joue ici un rôle déterminant : en maîtrisant les bons gestes et les bons réflexes, les équipes gagnent en assurance et peuvent se concentrer pleinement sur leur mission. «Sécurité et bien-être sont indissociables», affirme-t-elle.

Cette vision rejoint celle de Livestock Feed Ltd qui inscrit la sécurité dans une approche plus globale de protection et d’accompagnement des collaborateurs. À Maurice, la certification ISO 45001 obtenue sur le site de Pailles, ainsi que la démarche d’extension engagée à Riche Terre, viennent structurer cette politique. Celle-ci s’appuie également sur une Charte LFL, des KPI intégrés au système de performance et un parcours d’intégration comprenant notamment un Health & Safety onboarding et une visite auprès du médecin du travail.

La santé et la sécurité vont au-delà de la prévention des risques physiques et de la conformité aux normes, estime Hannah Soobhan de LFL Group. L’entreprise accorde également une place primordiale à la santé mentale et à l’écoute, notamment à travers la Safe Zone, qui offre un espace confidentiel d’accompagnement à Maurice et à Madagascar, ainsi que la Pink Zone, dédiée au dialogue avec les collaboratrices.

Comités SST, interventions du médecin du travail, ateliers de codéveloppement et initiatives menées au niveau du groupe complètent ce dispositif. L’objectif est de construire une conception plus large de la sécurité : prévenir les risques, certes, mais aussi créer un environnement dans lequel chacun peut se sentir protégé, écouté et soutenu.

Se former pour mieux se protéger

Le bien-être et la sécurité au travail passent aussi par la formation. Prévenir les risques et mieux protéger les équipes devient ainsi une composante essentielle d’un cadre de travail sain et serein. C’est précisément dans cette logique que s’inscrit la démarche portée par Catherine Veerapen, Head of ISOI Formation : aider les organisations à se préparer aux exigences en matière de santé et de sécurité au travail plutôt que de les subir lors d’un contrôle, d’une enquête ou après un accident.

L’Institution of Occupational Safety and Health Management (IOSH) et ISOI Formation a ainsi organisé, le 19 août à Plaine Magnien, le workshop Elevating OSH Practice – Legal Insights, Critical Thinking & Leadership Skills, en présence de Reza Uteem, ministre du Travail et des Relations industrielles.

Pour Catherine Veerapen, cette démarche prend tout son sens dans un contexte où le cadre légal mauricien continue d’évoluer, notamment à travers l’Occupational Safety and Health Act 2005 et son Amendment Act 2022. Les différentes thématiques abordées lors de l’atelier visaient ainsi à permettre aux organisations de mieux comprendre leurs obligations et surtout de les anticiper plutôt que d’attendre un contrôle ou un incident pour y être confrontées.

«Trop d’organisations découvrent leurs obligations légales seulement après un incident.» Selon notre interlocutrice, l’enjeu est donc de passer d’une logique de réaction à une véritable démarche d’anticipation, en s’appuyant notamment sur les enseignements de la jurisprudence récente.

Les entreprises doivent rester particulièrement attentives à leurs responsabilités en matière de prévention, d’évaluation des risques et de capacité à démontrer les mesures prises en cas d’incident, au risque de s’exposer à des sanctions pénales.

Catherine Veerapen attire également l’attention sur l’intégration explicite de la santé mentale dans la définition légale de la santé au travail, qui élargit encore la responsabilité des organisations. La santé et la sécurité ne peuvent donc plus être abordées uniquement sous l’angle des risques physiques : elles doivent s’inscrire dans une approche plus globale de prévention.

Conformité et performance

Pour les responsables et les managers, cette exigence réglementaire doit toutefois pouvoir s’intégrer aux réalités opérationnelles de l’entreprise. «Conformité et performance ne doivent pas être considérées comme deux objectifs contradictoires, mais comme deux dimensions complémentaires. L’enjeu n’est pas d’opposer conformité légale et performance, mais de les articuler», indique Catherine Veerapen.

Une évaluation des risques rigoureuse, une couverture d’assurance adaptée et une documentation solide permettent ainsi de renforcer la protection juridique de l’entreprise tout en réduisant les interruptions d’activité liées aux accidents. L’objectif du workshop est précisément d’aider les managers à intégrer ces réflexes dans leurs processus existants, plutôt que de considérer la santé et la sécurité au travail comme une contrainte supplémentaire, déconnectée des impératifs de performance.

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